Au Venezuela, un système de santé dévasté par la crise économique face au coronavirus

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Au Venezuela, un système de santé dévasté par la crise économique face au coronavirus

Avant même l’épidémie due au coronavirus, l’ampleur de la crise sanitaire faisait craindre le pire aux Vénézuéliens, au moindre problème de santé. « Il est interdit de tomber malade », résumait un retraité qui, en 2017 à Caracas, se plaignait de la dégradation du système de santé et des hôpitaux. Feliciano Reyna, spécialiste des questions de santé publique et directeur de l’association Action solidaire, considère que « le Venezuela, qui vit depuis plusieurs années une urgence humanitaire complexe, est en très mauvaise posture pour affronter la pandémie ».

Avec 70 cas officiellement confirmés, le Covid-19 arrive dans un pays qui a vu son PIB chuter de 65 % depuis 2013. Les sanctions économiques décrétées par Washington contre le gouvernement socialiste de Nicolas Maduro et le récent effondrement des prix du pétrole compliquent encore la donne. Le Venezuela vendait son brut à moins de 20 dollars, vendredi 20 mars.

Le 12 mars, avant même qu’un premier cas ne soit officiellement détecté (deux le seront le lendemain), le président suspendait les vols en provenance d’Europe, décrétait le système sanitaire en « état d’urgence permanent » et annonçait l’aménagement de 46 hôpitaux « sentinelles » pour faire face à la crise. Quatre jours plus tard, Nicolas Maduro mettait l’ensemble du territoire en quarantaine.